je vois, je vis, j'entends, je lis, çà m'énerve
On suit une mendiante roumaine, une ombre sans visage, que l'on à tous vu sans regarder, dans le métro parisien, puis dans le bidonville de banlieue, au bord des voies ferrées.
On l'entend, ses angoisses, ses envie.
On la suit avec son mari, ses amis, dans sa vie quotidienne, dans l'intérieur de la caravane si propre, avec ses bibelots pour décorer.
On met une vie derrière la silhouette anonyme celle dont on n'a pas osé croiser le regard parfois.
L'avant aussi, l'autre vie, plus jeune, en Roumanie, l'usine, les vacances au bord de la mer noire, Caucescu, puis de nouveau la banlieue de Paris, le quotidien, les rendez-vous chez le dentiste, les repas à préparer, les soirées télé dans la caravane.
Les causes du départ, le mari malade qui n'avait pas accès au soin. La France qui a permis de soigner le mari, mais qui a transformé en mendiants dans la solitude et l'indifférence.
Le film s'achève sur le retour en Roumanie, la maison , le village, les amis, la vie qui se reinscrit dans une réalité, ou chacun semble redevenir soi-même.
Un bon sujet, bien traité.